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LUCARNE IDÉOLOGIQUE : La place des syndicats dans la Révolution Progressiste Populaire

 

Le Doyen et Camarade révolutionnaire de pure race, Babou Paulin BAMOUNI écrivait dans les pages idéologiques de l’hebdomadaire Carrefour Africain en 1983 ceci : « le passé sert le présent pour bâtir l’avenir. C’est-à-dire le futur. Ce passé alors a besoin d’être revisité, analysé, disséqué et expliqué aux générations actuelles et futures afin de résister à l’aliénation idéologique et culturelle »

C’est pourquoi, votre rubrique «Lucarne idéologique», conformément à l’engagement révolutionnaire du pays, abordera aujourd’hui, l’épineuse question du syndicalisme en période de Révolution populaire ou progressiste.

Il faut le rappeler, la RPP proclamée au Burkina Faso est une émanation directe des idéaux de la Révolution démocratique et populaire (RDP) du Conseil National de la Révolution du 4 aout 1983.

 

En Afrique occidentale, le Burkina Faso depuis que ce pays s’appelait la Haute Volta s’est distingué par un dynamique syndical qui l’a singularisée et l’a placé à l’avant-garde des pays africains politiquement combatifs.

Cela est lié au fait que l’esprit syndical s’est développé très tôt dans notre pays et cela à partir des années 1946.

Cette disposition pour la lutte a constitué une action salvatrice pour le peuple voltaïque tant vis-à-vis des pouvoirs néo coloniaux qu’à connus notre pays.

C’est cet esprit de lutte entretenu par des syndicats omniprésents qui a permis au peuple voltaïque en 1966, de venir à bout du pouvoir dictatorial et réactionnaire de Maurice Yaméogo par un soulèvement populaire.

 

Cette lutte syndicale ou ce syndicalisme pur d’antan poursuivait un objectif précis : défendre avec énergie les intérêts des travailleurs et par-delà eux, ceux du peuple qui, par conséquent a pu non seulement bénéficier les libertés syndicales, mais des libertés individuelles collectives.

Avec les différents régimes militaro-civils petit-bourgeois et réactionnaires dirigés par le Général Lamizana et le Colonel Saye Zerbo, ce fut encore les syndicats, au devant des travailleurs et du peuple, qui ont mené le combat contre ces valets locaux de l’impérialisme pour épargner ainsi le pire à l’ensemble du peuple voltaïque aujourd’hui debout pour bâtir son avenir.

Toutes ces luttes syndicales plus ou moins victorieuses et éclatantes ont aiguisé et mis au grand jour les contradictions inconciliables de classes qui ont eu leur aboutissement le 4 août 1983 à la faveur de la RDP. Malheureusement avant cet avènement, des syndicats, trahissant la cause commune, avaient déjà été récupérés par des Forces réactionnaires antipopulaires à ligne politique fascisante.

Le syndicalisme voltaïque se trouvait donc miné en partie depuis lors.

La révolution d’août est par conséquent arrivée à temps pour sauver la situation et réhabiliter les forces syndicales dont certaines, restées authentiques, entendent continuer la lutte avec la révolution.

D’autres cependant, vendues à la réaction, ont choisi le camp de la trahison et s’apprêtent à poignarder le peuple dans le dos.

 

Quelle est donc la place des syndicats dans notre révolution ?

Nous savons que les organisations syndicales par essence défendent les intérêts des travailleurs et partant, ceux du peuple d’une manière générale. Chose louable à souhait ! Quant à notre révolution, elle est venue, mieux encore, par un bond qualitatif, défendre non seulement les intérêts supérieurs du peuple. La place des syndicats ne peut être qu’à côté de notre révolution pour l’aider dans sa marche irréversible vers la société nouvelle, source de bonheur pour le peuple. Un syndicat qui se situerait hors de cette logique ne peut plus prétendre défendre les intérêts des travailleurs et encore moins ceux du peuple. Son camp est connu : celui de la minorité réactionnaire décidée à utiliser des sigles syndicaux en l’occurrence, pour satisfaire ses intérêts égoïstes et funestes dans un esprit petit-bourgeois exécrables et vilement abominable.

Quelle serait donc l’attitude de notre révolution et partant du peuple face à un tel conglomérat de sinistres individus couverts d’infamie ?

Les combattre avec la dernière énergie jusqu’à leur élimination totale en tant qu’ennemis du peuple reste la seule la seule attitude à tenir.

Le peuple sait donc à quoi s’en tenir depuis que ces éléments contre-révolutionnaires manipulés par des forces réactionnaires, s’agitent hystérique sera rien ! Et personne, personne de cette société ne se laissera inquiéter par des irresponsables que nos Comités de défense de la révolution (CDR) entendent conduire rapidement au cimetière si toutefois, ils osaient, par inconscience et égoïsme, égratigner notre révolution pour des intérêts machiavéliques.

Tous les syndicats responsables qui savent par nos actions et par notre ligne politique que nous entendons garantir non seulement aux travailleurs leurs droits mais sauver ce peuple ; ce peuple d’hommes et de femmes ayant mis dans la révolution d’août leur espoir, ont leur place à nos côtés pour la réussite totale de notre révolution. En tout état de cause, nous disons à tout esprit contre-révolutionnaire, décidé à nous braver que nous lui promettons la mort quand le tocsin sonnera l’heure du face à face !

La patrie ou la mort ; nous vaincrons

Sources : Carrefour Africain (1983)

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