
Le Camarade Ibrahim Traoré tranche dans le vif : « Il n’y a pas deux capitaines dans un bateau »
A la faveur d’un séjour en mi-juillet dans la région du Yaadga (ex région du Nord), le président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, a échangé avec les forces vives de cette partie du Burkina. Cette tribune d’échanges entre les représentants des populations et le chef de l’Etat a été l’occasion d’aborder des questions majeures sur la conduite du pays.Retour sur un franc-parler du Chef de l’Etat face aux Forces vives de la région du Yaadega.
Outre des questions liées aux attaques terroristes qui endeuillent encore des Burkinabè, à l’encadrement de la pratique religieuse notamment l’Islam, on retiendra que le chef de l’Etat a tenu un langage de recadrage sur les spéculations concernant la conduite de la Nation.
Pour le président Traoré, il n’y a pas deux capitaines dans un bateau. Et pour être plus précis, le capitaine Ibrahim Traoré est remonté dans l’histoire, en comparant le contexte du Burkina actuel et les évènements du début de la Révolution d’aout 1983 et ceux d’octobre 1987, histoire de lever toute ambiguïté entre les deux époques.
Si en 1983, le capitaine Thomas Sankara, alors premier ministre était en résidence surveillé à Ouagadougou et que son ami « fidèle » à cette époque, le capitaine Blaise Compaoré, est venu de Po, renverser le régime en place et placer Sankara au pouvoir, le contexte aujourd’hui est totalement différent.
Pour le Président Ibrahim Traoré, le scénario de l’accession de son illustre devancier au pouvoir, ne saurait être comparé au sien, intervenu le 30 septembre 2022.
Le chef de l’Etat a été plus précis en indiquant que quand il quittait avec ses hommes de son lieu de départ pour conquérir le pouvoir, il a pris part directement aux opérations ayant conduit au changement de régime, il y a bientôt quatre ans.
« Moi, quand je quittais avec mes hommes, j’étais en tête. Il n’y avait pas un seul soldat devant moi. Ce n’est pas la même chose », a expliqué le président Traoré, rejetant l’idée selon laquelle, il serait resté en retrait durant les évènements, ayant abouti au coup d’Etat. Selon lui, à cette époque, il n’était pas venu à Ouagadougou, se cacher dans une villa et dire à ses hommes : allez-y faire (NDLR : le coup d’Etat) et puis le soir se bomber la poitrine à la RTB, pour dire que le coup a réussi et qu’il est désormais le chef de l’Etat.
Le Président du Faso a ensuite expliqué que ce jour (30 septembre 2022), lorsque la 14- 15 a tonné, il était à moins de 100 mètres et donc la première victime potentielle. Et d’inviter les Burkinabè, à éviter de faire l’amalgame en évoquant le déroulé des évènements du 30 septembre 2022. Le président du Faso, a par conséquent a tenu à être très clair et très précis. « Il n’y a ni numéro 1, ni numéro 2, ni numéro combien. Il n’y a pas de numéros. Il n’y a pas deux capitaines dans un bateau. C’est clair et net », a détaillé celui qui conduit le navire Burkina, depuis bientôt quatre ans.
Par ailleurs, le chef de l’Etat a mis en garde son entourage immédiat, quant aux discours et communications susceptibles, selon lui, des créer des incompréhensions ou des difficultés. « Si par vos communications, vous faites croire à quelqu’un qu’il est fort, vous allez créer des problèmes à la personne. Et vous assumerez ensemble les conséquences de vos actes. Que ce soit clair », a averti le président du Faso.
Ibrahim Traoré a tenu à rappeler la ligne de conduite, qui doit guider l’action de tous ses collaborateurs. Insistant sur le fait que chacun est mobilisé autour d’une même mission, il a aussi averti qu’il ne tolérait aucun écart de conduite. « Si quelqu’un merde, je vais le mater, sans état d’âme », a martelé le capitaine Traoré.
Marc Arthur DEMBONI


