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LUCARNE IDÉOLOGIQUE

Peuples de l’AES, combattons l’impérialisme de toutes nos forces !

Le capitalisme est le stade suprême de l’impérialisme. Il maintient les pays africains colonisés dans la dépendance économique depuis plus d’un quart de siècle.
Au stade actuel de la lutte pour l’indépendance réelle des peuples des États du Sahel, jadis exploités et contraints à l’ acculturation depuis des décennies sous le joug de l’impérialisme et de ses valets locaux, par une souveraineté de façade accordée à nos pays dans le but de les asservir pour toujours.
A Travers ces lignes écrites par notre ainée, ami et camarade révolutionnaire, Babou Paulin BAMOUNI, assassiné avec des camarades le 15 octobre 1987, nous invitons par devoir de mémoire à rallumer la flamme de son engagement révolutionnaire pour une reprise de conscience collective face aux questions actuelles de toute la jeunesse sahélienne en particulier et de l’Afrique en général.
Jeune ouvrier des presses des années 1980, nous étions aux côtés de ces précurseurs de la lutte révolutionnaire de notre époque.
De ce point de vue, il est de notre devoir de perpétuer cet engagement patriotique au profit de la jeune génération dans le but de consolider leur connaissance sur l’impérialisme.
Pour l’histoire, en quatre ans de vie, le Conseil national de la révolution (CNR) du Capitaine Thomas SANKARA a « forgé au fer rouge » la jeunesse africaine aux idéaux de la révolution démocratique et populaire (RDP).
Trente-huit ans (38) après la fin tragique de notre révolution ; elle s’est ressuscitée comme l’avait prédit le défunt Président du CNR, Thomas SANKARA et cette fois-ci à jamais!
C’est pourquoi, il est temps de revisiter « les pages idéologiques » de l’ère révolutionnaire de l’intrépide journaliste, Babou Paulin BAMOUNI, du temps où il était Directeur des rédactions de « Carrefour africain », l’ancêtre de Sidwaya :

L’IMPÉRIALISME
Voilà une chose que tout révolutionnaire voltaïque (Burkina Faso) se doit de connaitre parfaitement dans le processus révolutionnaire actuel pour être à même de mener à bien le combat qui nous oppose à ce système. Ce sujet est très vaste. Il ne peut être présenté en une page de journal que dans ses grands traits.

L’impérialisme en lui-même n’est pas une formation socio-économique au même titre que le système esclavagiste, féodal, capitaliste ou socialiste comme nous l’avons vu avec l’étude de la féodalité (Carrefour africain no 798 du 30 Septembre 1983).

L’impérialisme est un produit, une émanation du capitalisme.
C’est le système capitalisme (que nous verrons plus tard) qui a engendré l’impérialisme. Comme les autres systèmes socio-économiques que la société humaine a connue dans son évolution historique, le capitalisme a évolué, grandi et c’est dans son évolution qu’est apparu l’impérialisme.

Lénine définit l’impérialisme comme étant le stade suprême du capitalisme. Idéologiquement parlant l’impérialisme est la politique d’un Etat qui, par expansionnisme, veut mettre sous sa dépendance directe d’autres Etats économiquement et politiquement moins forts que lui. D’où sa tentation à sa politique pour assouvir sa soif de domination.
En cas d’opposition, l’Etat impérialiste utilise la force pour imposer sa loi. D’où la colonisation des Etat moins forts par la force des armés et exploitation viscérale de leurs populations obligées de travailler pour le bien-être de l’Etat impérialiste.

En 1885 au congrès de Berlin, l’impérialisme européen partage l’Afrique et procède à sa colonisation. Comme d’autres pays africains la Haute-Volta est tombée sous la coupe de l’impérialisme français qui l’a dominée, exploitée , brimée et opprimée jusqu’en 1960. A cette date, l’impérialisme français harcelé par des patriotes, accorde à la Haute Volta une fausse indépendance.
Pourquoi fausse ? Simplement parce que l’impérialisme français s’était métamorphosé en néo colonisation pour continuer à dominer, à exploiter , à opprimer le peuple voltaïque et à lui voler ses richesses.

L’impérialisme français mis alors en place des structures politico-socio-économiques pour survivre.
Ces structures sont : l’administration, la bourgeoisie politico-bureautique, la bourgeoisie compradore, le système éducatif, l’armée et la justice. Ces structures sont encadrées par un système économique qui est le capitalisme.
L’impérialisme est donc un système difficile à éliminer sans la révolution et la détermination farouche et perpétuellement en éveil de ceux qui subissent ses tortures et qui ont décidé d’ne finir avec lui.
Selon Lénine qui a consacré une étude importante à l’impérialisme, celui-ci est caractérisé par 5 traits principaux :

1°) Concentration du capital : l’impérialisme favorise la concentration du capital financier entre les mains de quelques individus seulement. C’est le monopole financier.

2°) Domination du capital financier : l’impérialisme oblige les grosses banques à fusionner pour créer des monopoles industriels qui imposent aux structures économiques leur commination.

3°) Exportation du capital : l’impérialisme issu du capitalisme pour suit le profit et en vient à exporter ses marchandises, d’où son expansionnisme économique et politique dans les pays étrangers soumis à une colonisation.

4°) Partage du marché capitaliste mondial: L’impérialisme après le partage du marché national, partage le marché capitaliste mondial par la biais de la colonisation.

5°) Déclenchement de guerres économiques : le partage du marché capitalise mondial peut être achevé à un moment donné. Mais comme les pays impérialistes connaissent un développement inégal, ceux qui deviennent plus puissants remettent en cause le partage initial. D’où leur lutte d’influence qui débouche sur des déclenchements de guerres économiques.
Ces cinq traits montrent que l’impérialisme est source d’oppression, d’injustice et d’exploitation viscérale de masses, car ce système ne favorise qu’une poignée d’individus au détriment de la grande majorité maintenue dans la misère. C’est ce qui se passait en Haute-Volta depuis l’indépendance de notre pays. Depuis le 4 août, la révolution veut en finir avec cette situation en remodelant la société voltaïque sur de nouvelles bases socio-économiques définies dans le discours d’orientation du CNR.
L’impérialisme en général est quelque chose de bien concret: il contrôle l’économie de notre pays par des monopoles industriels et des multinationales interposés; il met en place des pions, des potentats nationaux pour gérer ses intérêts; il utilise le régionalisme ou le tribalisme pour diviser les Voltaïques; il déploie sa culture et son idéologie dominante pour dépersonnaliser les voltaïques ; il propose à notre pays la signa ture d’accords bilatéraux pour le domestiquer; c’est une pure duperie.
Pour déstabiliser, il utilise les coups d’Etat réactionnaires en vue d’asseoir ses hommes. Ses barbouzes et agents secrets se chargent de cette tâche. Par les prêts accordés par ses organismes, il procède à un chantage économique. Il propose une assistance technique pour continuer à nous complexer. Il installe partout des ambassades. Ce sont des nids d’espions chargés de saboter toute politique d’indépendance et de recruter les ennemis du peuple de l’intérieur etc… Les armes de l’impérialisme sont multiples. Nous devons être vigilants et perpétuellement sur nos gardes dans nos relations avec les pays impérialistes.
L’impérialisme est donc un grave danger pour notre pays. Pour mieux le découvrir il faut lire le livre de Lénine : « Impérialisme, stade suprême du capitalisme ».


Racines
Sources : Carrefour africain no 801 du 21 octobre 1983 P.18

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