«Lorsque ton pays est sale et manque de paix durable, tu ne peux lui rendre sa propriété et son unité qu’en le lavant avec ton sang»
Ainsi parlait le Président du Conseil national de la révolution congolaise (CNR) Marien N’GOUABI le 13 mars 1977, année de son assassinat. Il avait 39 ans. Six ans après la mort de ce patriote emblématique de l’Afrique, le Conseil national de la révolution (CNR) refait surface le 4 août 1983. Cette fois-ci en république de Haute volta. Un an après le pays change de nom et devient le Burkina Faso, Terre des hommes intègres. Nous étions pleinement engagés pour la révolution démocratique et populaire (RDP), proclamée et conduite par le Capitaine Thomas SANKARA. Assassiné à son tour le 15 octobre 1987 par les même commanditaires et acteurs impérialistes qui ont assassiné Marien N’GOUABI au Congo pour les richesses du pays. Le capitaine Thomas SANKARA avait aussi 38 ans! Un an de moins que son camarade du Congo, Marien N’GOUABI.
Et abracadabra! comme aimait le dire, notre défunt ainé, confrère et ami président de la Société des éditeurs de la presse privée (SEP/BURKINA), Norbert ZONGO, assassiné lui aussi le 13 décembre 1998 pour son attachement à la liberté d’expression et de la presse. Et voilà 36 ans après l’assassinat du Président du CNR et 12 de ses camarades au Burkina Faso, l’Alliance des Etats du Sahel (AES) voit le jour. Une organisation qui regroupe le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Un vœu qui était cher au «prési Norbert» alias «Henry SEBGO vrai» qui a milité et défendu la fédération des États jusqu’au sacrifice suprême!
Aujourd’hui l’AES suscite des espoirs chez une jeunesse africaine et sahélienne résolument engagée pour des relations plus que jamais décomplexées avec l’impérialisme, pour un retour à nos racines, aux valeurs africaines. Signes des temps d’une nouvelle ère révolutionnaire pour le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Les soutiens aux acteurs de la Transition dans les trois pays, portent cette institution dans leur cœur, tout comme ils vouent une admiration et un soutien sans faille au jeune capitaine Ibrahim TRAORE, Colonel Assimi GOITA et au Général Abdourahamane THIANI, qui apparaissent de nos jours comme des messies pour délivrer leur peuple du joug colonial et pour un retour à l’intégrité et à l’honnêteté de tous les fils des pays du Sahel. Au Burkina Faso, nous sommes une soixantaine d’ethnies contrainte par l’histoire de vivre ensemble sans se «voler, se tuer ou chercher à exproprier des pauvres paysans de leur terre par des mensonges indécents».
Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, les militaires au pouvoir ont deux points caractéristiques communs : la rupture des «Chaines coloniales» de longue date avec la France et un regain d’intérêt pour la Russie et d’autres partenaires dans la lutte contre le terrorisme. Ces régimes militaires ont dit «non» à la politique de l’ancienne puissance coloniale sur le continent, prenant leurs distances avec des organisations proches d’elle, comme la CEDEAO et le G5 Sahel. Déjà accusé de faire et de défaire des pouvoirs politiques et de piller les ressources naturelles en Afrique, la France s’est vue également taxée de jouer un double jeu dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, dans les pays où elle était pleinement engagée. Malgré ses moyens dignes d’une grande puissance militaire, l’Hexagone n’a pas réussi à venir à bout des groupes terroristes qui écument le Niger, le Mali et le Burkina Faso depuis une décennie. Face à cette incapacité apparente du pays d’Emanuel Macron à combattre les extrémistes, en appui aux armées régulières de la sous-région, les militaires au pouvoir au Burkina, au Niger et au Mali ont décidé de rompre les amarres avec la France. Déterminés à se défaire du joug de l’Hexagone, un partenaire à qui ils n’ont plus confiance et à faire de leurs chères patries des États véritablement indépendants, le colonel Assimi GOITA du Mali, le Général Abdourahamane THIANI du Niger et le capitaine Ibrahim TRAORE du Burkina Faso sont en train de tracer leurs propres chemins : trois (03) pays sahéliens : un destin commun !
Aussi ces trois officiers, tous arrivés au pouvoir par un sursaut patriotique armé, ont-ils opté de mutualiser leurs forces pour lutter contre le terrorisme et aller vers une alliance économique. Pour y arriver, les Chefs d’Etats malien, nigérien et burkinabè ont créé, le 16 septembre 2023, l’Alliance pour les Etats du Sahel (AES). Cette organisation, décriée au début par la CEDEAO, témoigne de l’ambition de ses fondateurs de prendre en main leur destin. Cette initiative ravive le vent d’indépendance réelle qui souffle dans la sous-région et séduit la jeunesse consciente de voir une Afrique totalement libre et prospère. Contrairement à l’appel de la Baule des années 90 qui a contraint l’Afrique à une dépendance humiliante de système de gouvernance importé, disons-nous la vérité. Les dirigeants des trois pays, promoteurs d’un changement de paradigme dans les relations avec la France en particulier et les occidentaux en général, enregistrent de nombreux soutiens.
Une veille citoyenne permanente
A Ouaga, tout comme à Niamey et Bamako, le capitaine Ibrahim TRAORE a de nombreux partisans, qui se positionnement comme ses «anges gardiens». Ces soutiens, spontanés au départ, se sont structurés, sous la bienveillance de certaines organisations de la société civile (OSC). Ils assurent désormais une veille citoyenne continue, pour défendre l’AES et les autorités de la Transition, en prenant d’assaut les grandes artères de Ouagadougou et autres villes. Aussi les « anges gardiens » de la Transition burkinabè ont-ils inondé les principaux ronds-points à travers le pays, des drapeaux du Burkina, du Mali, du Niger, de la Russie, voire de la Corée du Nord et de portraits de GOITA, de THIANI, de TRAORE et de Vladimir POUTINE. Le maitre du Kremlin, aux yeux des anti-impérialistes, est un appui important dans le combat contre le terrorisme et pour la souveraineté réelle de nos Etats. Le Rond-point des Nations-Unies a été rebaptisé au nom du capitaine Ibrahim TRAORE par ses inconditionnels.
Pour les «WAYIYANS», il n’est pas question de perturber la bonne marche de l’AES et de la Transition dirigée par le capitaine TRAORE, qui s’échine à ramener la paix et à lui assurer une véritable indépendance. Ils ont juré, que quiconque s’en prendra aux intérêts de l’AES en général et en particulier du Burkina Faso et à ses proches les trouveront sur leur chemin. A la moindre annonce d’une tentative de coup d’État, comme ce fut le cas en novembre 2022 et le 14 janvier 2024, les soutiens de la Transition se rassemblent immédiatement, comme pour dire qu’ils veillent au grain. « Pour moi veiller est un acte patriotique, c’est pour montrer l’amour pour la patrie, veiller c’est dire à la population burkinabè que nous sommes éveillés. C’est un acte révolutionnaire que de laisser sa famille pour venir veiller pour la nation. Cette veille citoyenne permet de détecter les infiltrations des personnes que nous estimons déstabilisatrices du Burkina Faso. Cette veille citoyenne, c’est pour prouver que nous sommes déterminés », avait récemment confié à la presse, Lassané SAWADOGO, président du Front pour la défense de la patrie, un mouvement prorusse. Le capitaine Traoré voit en l’action de ses soutiens, celle d’une jeunesse consciente et engagée à lutter contre l’impérialisme sous toutes ses formes. Alors patriotes de tout le pays, combattons l’apatridie politique et surtout cette haine fratricide inconsciente qui habite certains esprits frères des des pays du sahel et de l’AES!
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